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CAROUGE-GENEVE Spectacle/Autoportrait avec et sans objets -Du 25 au 30 avril 2017

jeudi 20 avril 2017, par Corinne Jaquiéry/Lecourrier.ch

Spectacle

Autoportrait avec et sans objets

Jeudi 20 avril 2017

Par Corinne Jaquiéry

« Les objets sont mes partenaires, mes camarades de jeu », déclare Martin Zimmermann.

AUGUSTIN REBETEZ

Exceptionnel artiste du mouvement, Martin Zimmermann renouvelle l’art du clown avec son solo Hallo, à découvrir au Théâtre de Carouge.

« Chaque fois que je monte sur scène, c’est à nouveau l’inconnu », confie Martin Zimmermann pour qui la fragilité, la sienne et celle des humains en général, est à la racine de son art virtuose. Son spectacle Hallo, dès mardi prochain au Théâtre de Carouge, en représente la quintessence et les multiples facettes.

« Je ne cherche pas à me souvenir. Je supporte d’avoir peur que le ciel me tombe sur la tête. J’abandonne la crainte de toujours tomber dans les mêmes trous... » écrit-il dans ses notes d’intentions. Chorégraphe et metteur en scène, l’homme se décrit comme un acteur physique dont les postures élastiques et les confrontations improbables avec le décor créent un univers absurde et fascinant. Un monde étrangement drôle, au-delà du réel, peuplé de figures absurdes et d’objets bizarres. Depuis trois ans, il vogue seul, mais on se souvient de pièces marquantes avec le musicien Dimitri de Perrot comme Öper Öpis (2008), Chouf Ouchouf (2009) ou Hans was Heiri (2012).

Conserver la fraîcheur

Après quelques 140 représentations de son spectacle, largement applaudi dans le monde entier, Martin Zimmermann veut conserver la fraîcheur des premières fois tout en tirant le meilleur de son expérience. Ce candide à la découverte de lui-même se faufile dans une réalité enserrée de contraintes et en fait exploser les codes. Mêlant l’humour et la poésie dans un même élan créateur, il sort du cadre. Dans un décor qui soudainement s’anime, l’artiste affronte ses vertiges. Une chaise sans assise et quelques planches astucieusement assemblées constituent le tableau dans lequel il s’incruste. Tout se démonte et se remonte. S’imbri­que, se brise et se déchire, se noue et respire. Porté par la sublime musique du compositeur Colin Vallon, l’acrobate calligraphie la vie à l’aune du bur­lesque, assisté par la singulière et talentueuse Eugénie Rebetez.

Tel Magritte, peintre du surréel, Martin Zimmermann élabore un univers fait d’illusions et de questions. De mystère et de surprises. De profondeur et de légèreté. Glissant entre les objets et leur représentation, il en joue et entre en conversation avec eux, comme lorsqu’il était enfant dans son village de Wildberg, la « montagne sauvage », dans le Zürich Oberland. Du sauvage, il a gardé la vérité, la pudeur et l’énergie malgré un corps un peu usé. « Je parle plus clairement avec mon corps comme la plupart des gens qui s’expriment ainsi sans le savoir. Mon spectacle est donc une histoire physique sans paroles. Une sculpture vivante sans cesse en évolution qui se développe et se clarifie au fil du temps. »

Des objets partenaires

Passionné de jonglage et de magie, Martin a 12 ans quand il est repéré par une agente artistique après avoir gagné un concours de jeunes talents. Ce sera le début d’une carrière de près de trente ans, après la parenthèse d’un apprentissage de décorateur où il a appris à manipuler toutes sortes de matériaux, dont il a pu apprécier les différentes textures et qualités. « Les objets sont mes partenaires, mes camarades de jeu. Depuis tout petit, je les considère comme des gens. Je ne suis jamais seul avec eux. Je suis en dialogue cons­tant, comme j’aime aussi l’être avec mon public, mais sans ­paroles. »

Martin Zimmermann évolue dans le sillage d’un Grock, d’un Charlot ou d’un Buster Keaton, mutique mais particulièrement expressif au niveau corporel. « Mon décor mouvant est un écho, un miroir à mes doutes, à mes peurs et à mes joies intérieurs. Je jongle avec mes facettes. Je suis à la fois dedans et dehors. Je joue tous les soirs avec ma vie. »

Du 25 au 30 avril, Théâtre de Carouge, ma-je-sa 19h, me-ve 20h, di 17h ­(relâche le 28), www.tcag.ch