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GENÈVE Goretta, un cinéaste proche des humbles, est décédé 20 fév 2019

vendredi 22 février 2019, par 20minutes.ch/(nxp/ats)

Goretta, un cinéaste proche des humbles

Le cinéaste suisse Claude Goretta est décédé à Genève dans sa nonantième année, mercredi.

Claude Goretta était né le 23 juin 1929, à Genève. (Photo : Keystone)

Claude Goretta était avant tout le cinéaste des plus humbles. Nourri par son expérience à la télévision, son intérêt pour les petites gens se reflète dans beaucoup de ses films, souligne Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque suisse.
« Claude Goretta était certainement l’un des plus grands cinéastes suisses et du monde francophone », a déclaré jeudi Frédéric Maire à Keystone-ATS. Il a fait une carrière foncièrement francophone entre Suisse et France, rappelle-t-il.
Réalités du moment
Il était avant tout un cinéaste profondément humaniste. C’est dû à son esprit et à son intérêt pour les petites gens, mais aussi à l’expérience accumulée à la Télévision suisse romande. Pendant plusieurs années il y a travaillé en signant des documentaires et des reportages en étant en contact avec les réalités de la fin des années 50, début des années 60.
Beaucoup de ses scénarios et films reflètent cet intérêt pour les gens et pour le monde, observe Frédéric Maire. Le meilleur exemple en est « L’Invitation », un de ses films phares qui a remporté le Prix du jury à Cannes en 1973 et qui confronte le milieu bourgeois avec celui des petites gens.
Hommage de Baier
Claude Goretta « m’a autorisé à imaginer que je pouvais être cinéaste ici », a relevé Lionel Baier, rendant hommage au réalisateur décédé. « L’Invitation » (1973) est son « film de chevet ». Il lui a montré que le cinéma pouvait exister en Suisse.
« Je devais avoir 6 ans quand j’ai vu « L’Invitation » à la télévision. Je me souviens avoir été touché par les accents d’ici, les billets de banque suisses, comme si le cinéma était aussi ici », a commenté jeudi Lionel Baier, interrogé par Keystone-ATS. Depuis, le cinéaste vaudois a revu ce film à de multiples reprises. Il le considère comme son « film de chevet ».
« « L’Invitation » est d’une incroyable modernité. Cette peinture sociétale portée au corps a quelque chose d’incroyablement romanesque, à la Russe », note Lionel Baier qui, à partir de ce film et à la demande de la Cinémathèque suisse, a réalisé en 2011 un portrait de son aîné, « Bon vent Claude Goretta ».
« Il était curieux »
Lionel Baier revient aussi sur la carrière de réalisateur pour la télévision de Claude Goretta : « Il a fait des Maigrets de grande qualité. Il avait le besoin de tourner beaucoup, aussi pour des raisons alimentaires. » Pour Lionel Baier, ses premiers documentaires sont « spectaculaires » : « Il était capable de passer beaucoup de temps à observer. Il traitait les gens avec beaucoup de précaution. »
Claude Goretta est resté, jusqu’à la fin de sa vie, intéressé par le cinéma qui se faisait aujourd’hui, note Lionel Baier. « Il était curieux. »
La télévision, sa maison
Il s’agit de l’un des rares cinéastes à n’avoir pas fait de séparation nette entre le travail de cinéma et la télévision. Même pendant la production de la « Dentellière », il a continué à signer des fictions dramatiques, une mini-série sur Jean-Jacques Rousseau.
Claude Goretta a toujours gardé un pied à la télévision, sa maison. Il était conscient qu’il arrivait à y toucher un public différent, qui ne va pas forcément au cinéma, poursuit le spécialiste.
Un précurseur
La Cinémathèque avait consacré une large rétrospective à Claude Goretta en 2011, pour mettre en valeur un cinéaste un peu moins considéré que d’autres, peut-être justement à cause de ses films pour la télévision, note Frédéric Maire. D’une certaine façon il était précurseur. La frontière aujourd’hui s’estompe entre grands et petits écrans.
Un DVD de « L’Invitation » est alors paru, comprenant également le film de Lionel Baier « Bon Vent Claude Goretta ». A la connaissance du directeur de la Cinémathèque, il n’existe qu’un autre élément biographique consacré au cinéaste : un livre du journaliste alémanique Martin Walder, publié en 2017, en allemand.
(nxp/ats)

https://www.20min.ch/ro/sortir/cinema/story/Goretta--un-cineaste-proche-des-humbles-15907147

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