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Lettre d’information Office de la culture 5/2018/Direction de l’instruction publique du canton de Berne

vendredi 31 août 2018, par Hans Ulrich Glarner, chef de l’Office de la culture

Lettre d’information Office de la culture 5/2018/Direction de l’instruction publique du canton de Berne

Lire tout sur : https://www.erz.be.ch/erz/fr/index/kultur.html#originRequestUrl=www.erz.be.ch/culture

- Au musée en bikini

Dans le canton de Berne, il n’est pas rare de trouver un morceau de vieux bois de cinq mètres de long après la fonte des neiges ou un orage d’été. On remarque le plus souvent ces objets lorsqu’ils nous barrent le passage lors d’une randonnée ou qu’ils nous dépassent lors d’une baignade dans l’Aar. Il en a cependant été tout autrement pour le bloc de bois qui s’est échoué sur une plage du lac de Moossee en 2011. Les archéologues impliqués se sont rapidement rendu compte qu’ils avaient fait une découverte sensationnelle, dont la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans les milieux spécialisés. Ils ont en effet découvert une pirogue néolithique vieille de 6500 ans que les « chasseurs du Moossee » nous ont laissée et qui fait du canton de Berne le propriétaire du plus ancien véhicule de Suisse.

Cette pirogue ne doit toutefois pas rester une trouvaille unique : il ne s’agit pas de la stocker dans un dépôt pour biens culturels ou de l’exposer dans un musée, mais de la retourner au lac. Cela ne fait aucun doute ! La pirogue ne va néanmoins pas être remise à l’eau pour tester sa navigabilité. Après une étude et des mesures de conservation minutieuses, elle est exposée sur le lieu de sa découverte. Cette solution innovante est le fruit de l’engagement de la commune de Moosseedorf, de mécènes privés, du Fonds de loterie et des spécialistes du Service archéologique. Tous ont mis la main à la pâte et ont collaboré avec enthousiasme pour que ce bien culturel précieux puisse retourner sur le lieu où il a reposé pendant 6500 ans.

L’objectif de cette démarche est que la culture vienne au public et pas l’inverse.
Cela correspond merveilleusement bien à la Stratégie de protection du patrimoine et à la nouvelle Stratégie culturelle du canton de Berne, qui visent la participation d’une grande partie de la population à la vie et à l’activité culturelles et qui tiennent compte de l’ensemble du territoire cantonal et pas uniquement des centres urbains. L’exemple de la pirogue montre que ces objectifs ne peuvent être véritablement mis en œuvre que si l’initiative émane des protagonistes locaux. Dans le cas de Moosseedorf, les membres des autorités n’ont pas uniquement eu le projet visionnaire de faire revenir la pirogue dans leur village, mais ont aussi été prêts à apporter leur contribution financière en faveur de la culture. Ils ont reconnu le fort rôle identitaire de la culture, qui revêt en particulier une grande importance pour un village en pleine mutation.

Lorsque désormais des baigneurs et des personnes se rendant sur le terrain de jeu aux abords du lac de Moossee plongeront la tête dans la vitrine suspendue, ils entameront un voyage temporel surprenant et feront le plein de culture. C’est en étant directement sur le lieu de découverte d’un objet qu’on se rend le mieux compte que la connaissance du passé peut nous servir de point de repère pour le présent et l’avenir.

Hans Ulrich Glarner, chef de l’Office de la culture

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